Sans rien dire, je garde l'image précieusement en songeant immédiatement à la mettre en valeur (et le modeste l'artiste derrière) au travers d'un diaporama. En même temps, cela me tardais de solliciter des voix ; celle d'un ami Jean-Louis à la voix grave et celle d'une voisine, Carolyn, une américaine dotée d'une voix à faire fondre toutes les brutes ! Cela ne pouvais pas mieux tomber pour Hudson Street. Néanmoins, il me fallait une histoire. Ainsi, j'exposa mon projet à Colette, écrivaine, photographe et coéditrice que j'avais déjà sollicité pour Eclats de Verre. Je lui envoya une impression de la fresque sur la quinzaine de pages nécessaires et voici : "Les images mises bout à bout sur le parquet dessinent leur propre histoire. Je les regarde intensément, et puis lentement, montent les bruits, les odeurs, il se passe des choses et je rentre dedans, un peu comme les personnages de Mary Poppins dans le tableau à la craie. Alors tout se déroule très vite, comme si une petite voix invisible me chuchotait à l’oreille ce qu’il peut bien se passer là ! C’est comme cela, souvent, que j’écris sur les images, celles que je fais moi-même et aussi celles qu’une main amie m’apporte quelquefois. Ici, l’apparente neutralité du noir et blanc ouvre le champ à des milliers de combinaisons possibles : le noir et blanc, c’est encore la meilleure porte pour penser en couleurs".
Et telle n’a pas été son inventivité : personnifier la rue en la voix américaine et à rajouter la référence du poète Jack Kerouac. Après enregistrement, la recherche de bruitages et la dynamisation du récit au travers d’un visuel « vivant » en faisant coller l’image au texte et les bruits de mustangs, d’enfants et de clochers au texte et à l’image.
Réalisé et gravé, c’est dans la boite aux lettres que La perle de Manhattan arrive chez Jacques à moins que ce soit Jack !!
Primé à la Coupe de France 2015 ------------------------------------------ Texte et photographies © Vincent Martin (photomavi.com)
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